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un râle émanait d’elle et ses parents se répandaient en sanglots. Après plusieurs jours d’attente interminable, on se rendit compte que l’on n’avait plus vu ni entendu de manifestations anormales depuis un moment et l’on ne sut qu’en penser. Se pouvait-il que l’agitation autour de la malade et la venue du prêtre eussent dérangé l’esprit ? Ou bien avait-il la décence de se tenir à distance en cet instant difficile ? Non, cela ne ressemblait pas à son caractère, pensa-t-on, car avec le temps on avait appris à le connaître un peu, et on savait qu’il se manifestait quand il le voulait et comme il le voulait sans se laisser influencer par qui que ce fût. L’enfant n’était toujours pas morte, et l’on ne savait pas non plus qu’en penser.

Les semaines passant, on s’habitua à cette nouvelle normalité : L’enfant mourante ne mourait pas. On voyait pourtant ses os saillir sous sa peau tournée olive. Elle empestait tant l’au-delà qu’on devait laisser toutes les fenêtres ouvertes pour ne pas étouffer. L’odeur se répandit de maison en maison et très vite tout le village ne put plus sentir la famille dont la gamine mourait sans mourir. La compassion se mua en opprobre, car tous étaient d’avis que prodige si macabre n’advenait qu’à ceux qui avaient fauté, et, après tout, le fait qu’ils possédassent la plus belle maison, les plus beaux chevaux, le plus beau verger, les plus beaux enfants prouvait bien leur infâmie. Isolée dans son malheur, la ………………………