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la tenait par l’épaule ; il me parut insignifiant. Si j’avais eu l’ombre d’un regret, ce message me l’ôta définitivement. Cette femme ne regardait décidément pas dans la même direction que moi. Il m’arrivait quand même de me sentir seul alors, pour quelques heures, je sombrais dans l’oubli de bras inconnus. Certaines de ces heures s’étiraient jusqu’au matin.
Plusieurs mois après le message d’Alexandra, alors que j’étais de particulièrement bonne humeur, Georgio m’annonça que tous les feux étaient au vert pour cette tournée internationale qu’il avait projetée. Ce n’était pas mon rêve, voyager, mais je m’étais habitué à l’idée à force de regarder les mains enthousiastes de mon imprésario me décrire le projet. Nous nous réjouîmes ensemble de ma première tournée de cette ampleur.
L’aventure fut bien plus excitante que tout ce que j’avais pu imaginer. Nous formions une troupe, presque une famille. La vie nomade, les distances qui se réduisent, l’intimité qui grandit : j’apprenais de nouvelles langues et découvrais d’autres géographies. Je reconnaissais des visages que je voyais pour la première fois. Je me perdais dans leurs rides, dans leurs fossettes. À plusieurs reprises, il m’arriva de me sentir chez moi. Je ne savais plus le temps, les heures se confondaient. Après le travail, l’odeur de la sueur me rappelait où j’en étais et je suivais, vagabond de l’âme, la caravane de mes rêves.
Au cours d’une escale, nous nous arrêtâmes dans un pays où il faisait trop ……………………