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plante des pieds tout au long du littoral bouillant. D’une manière ou d’une autre, sans le vouloir, notre bonheur avait pu la provoquer, cette agression-là. Quoi qu’il en soit, je laissai les glaviots sécher au soleil et j’accueillis les épines qui s’enfonçaient bien profond dans ma chair, si profondément que je finis par les oublier tandis que nous marchions, Alexandra et moi, déterminés à profiter du soleil et de l’horizon avant les adieux et autres formalités d’usage pour aborder l’AF 8597 avec tous nos bagages.
Cette journée ne fit que renforcer notre complicité qui me paraissait fragile encore. L’avenir ne me donna pas tort. Le vent s’était allié au soleil pour adoucir l’enfer et la ville cherchait en tous points à nous séduire, même la puanteur des déchets était supportable. Aujourd’hui, me revient surtout le parfum léger des boucles d’Alexandra mêlé à l’air salé du bord de mer. L’Océan avait sorti pour nous, ce jour-là, ses plus fortes et plus hautes vagues : elles atteignaient le ciel. Il voulait sans doute nous faire passer un message et nous nous assîmes là, face à lui, pendant de longues heures. Je passai l’écume de ma mémoire sous les rouleaux de l’Océan et tentai une nouvelle fois d’expier ma faute originelle, celle d’être né dans ce pays il y avait de cela à peine plus de trois décennies. Je jetai dans chacune de ces vagues ma langue et ses douleurs, je nettoyai ma peau au gros sel pour effacer cette haine qui s’était immiscée sans vergogne dans chacun de mes pores. Malgré tous mes efforts, mon corps restait celui d’un homme ……………
Cette journée ne fit que renforcer notre complicité qui me paraissait fragile encore. L’avenir ne me donna pas tort. Le vent s’était allié au soleil pour adoucir l’enfer et la ville cherchait en tous points à nous séduire, même la puanteur des déchets était supportable. Aujourd’hui, me revient surtout le parfum léger des boucles d’Alexandra mêlé à l’air salé du bord de mer. L’Océan avait sorti pour nous, ce jour-là, ses plus fortes et plus hautes vagues : elles atteignaient le ciel. Il voulait sans doute nous faire passer un message et nous nous assîmes là, face à lui, pendant de longues heures. Je passai l’écume de ma mémoire sous les rouleaux de l’Océan et tentai une nouvelle fois d’expier ma faute originelle, celle d’être né dans ce pays il y avait de cela à peine plus de trois décennies. Je jetai dans chacune de ces vagues ma langue et ses douleurs, je nettoyai ma peau au gros sel pour effacer cette haine qui s’était immiscée sans vergogne dans chacun de mes pores. Malgré tous mes efforts, mon corps restait celui d’un homme ……………
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