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Il y a de la vanité dans les promesses, celle de croire que l’on sait de quoi le futur est fait. Mettre en avant, s’avancer, parier sur l’avenir comme s’il naissait sur nos langues. Va te Ver-mettre la promesse.
Jurer, c’est la face sombre de la promesse, jurer, c’est déjà salir, corrompre l’instinct et l’instant, le charger d’un manquement futur.
Même si je sais que je n’ai jamais supporté de faire du mal à quelqu’un·e, ça ne veut pas dire que ça ne m’est pas arrivé. L’idée même de la tristesse chez celleux que j’aime me bouleverse à tel point que j’en pleure, c’est embêtant, je ne suis jamais capable de faire la gueule bien longtemps. Et pourtant, ô combien de fois ai-je juré de ne pas faire de mal autant que de rester forte dans ma vexation. Et pourtant, la promesse comme le juron s’échappe, rebelle à celui qui l’émet, insaisissable. Et sa disparition fait des ravages.
Alors, je ne sais pas, je suis un peu perdue : comment on assure à quelqu’un⋅e son éternité sans promettre ?
Leo, j’ai envie de te promettre que je t’aimerai toute ma vie, chaque seconde de chaque minute de chaque heure de chaque jour de chaque semaine de chaque mois de chaque année de chaque décennie de chaque siècle de chaque millénaire et même au-delà, comme je te le dis tous les soirs avant le coucher. Mais j’ai l’impression que ça ne suffit pas, que cette promesse n’est pas assez forte, qu’elle risque le glissement de terrain et l’ensevelissement.
Jurer, c’est la face sombre de la promesse, jurer, c’est déjà salir, corrompre l’instinct et l’instant, le charger d’un manquement futur.
Même si je sais que je n’ai jamais supporté de faire du mal à quelqu’un·e, ça ne veut pas dire que ça ne m’est pas arrivé. L’idée même de la tristesse chez celleux que j’aime me bouleverse à tel point que j’en pleure, c’est embêtant, je ne suis jamais capable de faire la gueule bien longtemps. Et pourtant, ô combien de fois ai-je juré de ne pas faire de mal autant que de rester forte dans ma vexation. Et pourtant, la promesse comme le juron s’échappe, rebelle à celui qui l’émet, insaisissable. Et sa disparition fait des ravages.
Alors, je ne sais pas, je suis un peu perdue : comment on assure à quelqu’un⋅e son éternité sans promettre ?
Leo, j’ai envie de te promettre que je t’aimerai toute ma vie, chaque seconde de chaque minute de chaque heure de chaque jour de chaque semaine de chaque mois de chaque année de chaque décennie de chaque siècle de chaque millénaire et même au-delà, comme je te le dis tous les soirs avant le coucher. Mais j’ai l’impression que ça ne suffit pas, que cette promesse n’est pas assez forte, qu’elle risque le glissement de terrain et l’ensevelissement.
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