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son bras et qu’elle avait paniqué. Elle s’était mise à secouer son bras dans tous les sens en pleurant et en poussant des petits cris pour la faire tomber. C’était drôle en même temps, et avant de comprendre qu’elle était sérieuse, on avait cru qu’elle nous faisait une blague. Plus tard, elle nous avait expliqué qu’elle avait une phobie. On avait appris un nouveau mot. Une peur énorme qui te tombe dessus, tu deviens comme un enfant, elle avait ri, en s’excusant d’avoir été ridicule. Mais ce soir-là, c’était pas pareil. Y avait pas de chenille, y avait pas de quoi rire, on était plantées devant elle et on comprenait rien.

On a toutes les deux lâché le mp3 et on a couru s’asseoir près d’elle. Elle nous a serrées dans les bras et nous a dit que nos parents avaient eu un accident à cause du verglas, mais qu’ils avaient eu beaucoup de chance. Elle a répété que c’était pas grave. Qu’ils allaient juste devoir rester quelque temps à l’hôpital, et qu’on en saurait déjà sûrement plus le lendemain.

« Tout seuls ?... Et pourquoi pour toute la nuit ?… Et… tu crois pas qu’on va leur manquer ? », j’ai demandé.

« Pourquoi ils doivent rester à l’hôpital si c’est que des égratignures ? », Alina a continué. Et j’ai enchaîné : « Ils dorment dans la même chambre au moins ? »